Parce que aimer est important

Des réponses à vos questions. 

 

 

 

 

 

 

Mgr Michel Aupetit, ancien médecin, actuel vicaire général à Paris, est l'auteur de Contraception : la réponse de l’Église. Selon lui, la position de l'Église est sous-tendue par une vision globale de l'homme, du couple et même de la nature, qui répond à leur vérité profonde et respecte leur rythme physiologique.

Que dit l’Église de la contraception ?

L’important n’est pas tant ce qu’elle dit de la contraception, mais sa vision de l’homme (entendez homme et femme). L’Église souligne la capacité de chaque couple à construire une relation fondée sur l’amour et le don de soi. Cette « union des personnes » qui n’est pas seulement charnelle, mais aussi celle du cœur et de l’esprit, se construit au fil du temps. Elle doit grandir pour être à l’image de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit qui se donnent et communient dans l’amour.

L’union charnelle est une communion des personnes intégrales, cœur, corps et âme, mais aussi ouverture à la fécondité. La contraception sépare artificiellement les deux significations de l’acte conjugal : l’union et la procréation, la communion des personnes et l’émergence d’une nouvelle vie.


Quelles différences avec les méthodes naturelles ?

Les méthodes naturelles sont fondées sur l’observation, c’est-à-dire l’acceptation à la fois de ce qu’est l’autre et de ce que je suis. Alors se réalise la véritable communion des personnes, qui est différente de la seule union sexuelle où le « partenaire » pourrait ne plus être une personne à accueillir, mais un corps et un sexe comme « objet » de jouissance. Pour reprendre les expressions de Jean-Paul II : « les époux en recourant à la contraception, séparent ces deux significations que le Dieu créateur a inscrites (…) dans le dynamisme de leur communion sexuelle, ils se comportent en "arbitres" du dessein de Dieu. En revanche lorsque les époux, en observant le recours à des périodes infécondes, respectent le lien indissoluble entre les aspects d’union et de procréation de la sexualité humaine, ils se comportent en "ministres" du dessein de Dieu » (Familiaris consortio 32).



Cela implique une certaine maîtrise de soi. La chasteté est le lieu d’un combat spirituel ?

La chasteté est fondée sur le respect de l’autre sur lequel on ne met pas la main. Il n’est pas sans intérêt d’entendre l’officier d’état civil lors du mariage civil à la mairie demander « voulez-vous prendre pour épou(x/se) » et à l’église les fiancés se dirent « Je te reçois comme époux (se). » L’accueil est l’attitude chrétienne essentielle qui fonde toutes les relations (y compris avec Dieu). L’autre ne peut jamais être un sex-toy, un objet qui répond à mon désir quand je le souhaite. Cette dernière attitude, qui n’est pas chaste, est la source de bien des amertumes et de bien des frustrations.
Notre vocation humaine est de grandir dans l’amour. Dans ce domaine, nous faisons l’expérience de notre insuffisance. Nous n’aimerons jamais assez. C’est aussi vrai dans la relation conjugale. Cette croissance est forcément le lieu d’un combat : dépasser la pulsion qui réduit l’autre à être l’objet de mon désir ou choisir de vivre pour que la rencontre sexuelle soit une fête, une communion, un accueil de toute la personne. Comme le disait encore Jean-Paul II : « La condition première de la maîtrise de soi dans le domaine sexuel est la reconnaissance de la supériorité de la personne sur le sexe » (Karol Wojtyla, Amour et Responsabilité).


Quelles sont les conséquences de la contraception ?

Ce que j’ai constaté comme médecin, du temps où j’exerçais, c’est que l’homme devient irresponsable. Il considère que c’est le problème de la femme et se décharge sur elle de la question de la fécondité. Que fait-elle ? Elle consulte le médecin qui, dans la plupart des cas ignore tout des méthodes naturelles, et va choisir un contraceptif en fonction d’éventuelles contre-indications médicales : diabète, troubles circulatoires, troubles hormonaux, antécédents pathologiques ou en raison de l’existence ou non d’enfants issus du couple. Il fait sa prescription en fonction de critères médicaux, souvent sans beaucoup d’explications sur la façon dont ces contraceptifs agissent, laissant les femmes dans l’ignorance (par exemple que le stérilet est abortif en empêchant la nidation de l’embryon ainsi que les pilules les plus récentes en plus de leur pouvoir anti-ovulatoire et d’imperméabilité aux spermatozoïdes). Cette « médicalisation » dépossède les couples de ce qui leur appartient : la gestion de leur intimité et de leur fécondité.
Les méthodes naturelles permettent d’impliquer l’homme et le couple devient coresponsable. Il ne peut plus accuser sa femme d’avoir oublié la pilule en l’obligeant souvent à en tirer des conséquences, en particulier par un avortement.


N’est-ce pas aussi le cas pour des méthodes naturelles comme celle des températures ou le test urinaire Persona ?

Si c’était le cas, cela voudrait dire que l’essentiel est occulté. Le fait que l’homme accompagne les périodes de fécondité ou d’infécondité de son épouse en fonction du choix du couple l’implique nécessairement. Il prend sa part de responsabilité. En revanche, si l’échange se réduit à « féconde ou pas féconde », il n’y a plus guère de différence avec la mentalité contraceptive. Bien appliquées, les méthodes d’auto-observation provoquent un dialogue. Elles permettent de mieux se connaître, d’écouter ce que le conjoint éprouve, de dire ce qu’il ressent et découvrir qui il est. La sexualité est décrite trop souvent en termes techniques ordonnés à l’excitation. Mais ce qui qualifie l’humanité, c’est l’émotion, l’affection qui veut le bien de l’autre et cette qualité majeure qu’est la délicatesse. Tout ce qui s’apprend en acceptant le temps de l’autre.

Ce n’est pas parce qu’elles sont naturelles qu’elles sont « catholiques » ?

Il y a de nombreuses personnes par le monde qui les utilisent sans être catholiques. Chez l’animal la rencontre sexuelle est essentiellement ordonnée à la pérennité de l’espèce et l’accouplement du mâle et de la femelle répond à un déterminisme temporel et hormonal en vue de la fécondité. Chez l’homme, comme nous l’avons dit, l’acte sexuel s’il est naturellement ordonné à la procréation, n’est pas seulement déterminé par elle. Il y a communion des personnes qui se donnent l’une à l’autre et ce don mutuel s’appelle l’amour. C’est un constat anthropologique, pas religieux. Comme le Christ nous a révélé que la vocation de l’homme (toujours compris comme homme et femme) est l’amour à l’image de Dieu, l’Église rappelle que la vérité de cette image ne sépare pas l’amour et la vie.



Plusieurs couples évoquent le problème des retrouvailles lié aux méthodes d’auto-observation : quand ils ont envie de s’unir, ce n’est pas possible et quand ils le peuvent, l’envie est moindre.

S’ils le disent, c’est qu’ils l’ont vécu ainsi. Mais la question à poser est peut-être celle de nos rythmes de vie inhumains, qui ne respectent plus le temps de l’homme. On dort le jour, on vit la nuit, on n’écoute plus son « horloge biologique » et le dérèglement qui s’ensuit nous oblige à utiliser des moyens artificiels pour pallier ces modes de vie : somnifères au coucher pour l’insomnie, excitant vitaminé le matin pour la fatigue, calmant anxiolytique pour le stress du travail et Viagra pour le week-end. La contraception est aussi un moyen artificiel de ne pas accepter la physiologie humaine. L’écologie humaine est, elle aussi, à retrouver. L’humble acceptation de soi dans sa vérité corporelle permet une croissance en humanité car elle nous évite d’assujettir notre corps comme nous avons pu le faire avec la nature qui nous entoure en risquant de la détruire.


Quelle nuance entre mentalité contraceptive et amour responsable ?

La mentalité contraceptive est un parti pris de refus : je ne veux pas d’enfant. Un autre état d’esprit pousse à réfléchir, à décider que ce n’est pas le moment le meilleur. L’amour responsable se donne les moyens de différer une naissance, mais en cas d’« accident », l’enfant sera accueilli. Le christianisme est une religion de personnes qui acceptent d’être dérangées par autrui.


Rester ouverts à la vie est-il toujours possible ? Certaines mères angoissent à l’idée d’une nouvelle naissance. Que leur dites-vous ?

Les cas médicaux, personnels ou sociologiques sont différents pour chacun. Et certaines circonstances peuvent générer des angoisses. L’enseignement de l’Église est clair et cohérent. Il est donné pour humaniser davantage dans la durée. Par exemple, l’idéal chrétien du libre choix du conjoint par amour est une réalité récente (1880 d’après l’historien Michel Rouche). Comme l’évangile, dont il est issu, il faudra du temps pour qu’il imprègne la société. Sur le plan pastoral, chaque cas demande une réponse spécifique et particulière, adaptée aux personnes, tout en restant fidèle à l’enseignement de l’Église.

 

http://www.methode-billings.com/

http://www.fertilitycare.fr/

http://www.methodes-naturelles.fr/les_methodes_naturelles/la-methode-dauto-observation/un-moniteur-pour-vous-accompagner

 

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