Parce que aimer est important

Des réponses à vos questions. 

 

 

 

 

 

 

Formalité exigée tant par l’Église que par l’État, le rôle de témoin de mariage peut aussi être davantage investi, au plus grand bénéfice du couple et des témoins. Nous avons recueilli des pistes et des expériences.

« Être témoin, c’est attester de l’amour de ses amis ; dire aux autres : regardez comme c’est beau ! » La voix est dynamique, le ton presque lyrique, quand Guillaume, 27 ans, six fois témoin dans un mariage religieux, évoque ce rôle. Au-delà du jour J, être choisi comme témoin est un privilège qui implique pour lui présence et prière régulière, « un peu comme un parrain ».

Si le jeune homme se met en quatre, tous les témoins ne vont pas aussi loin. D’abord pour la simple raison qu’ils n’y sont pas tenus : le droit canon, discret, leur assigne une fonction strictement administrative. Le témoin est celui qui atteste par sa signature dans le registre paroissial que les époux ont bien échangé leur consentement (voir article « Juridiquement, un rôle strictement humain »). Au-delà, beaucoup se contentent d’un parcours sympathique et un brin obligé, limité au mariage lui-même : préparation de l’enterrement de vie de garçon ou de jeune fille ; lecture d’un texte ou de la prière universelle pendant la cérémonie ; discours durant la soirée de noce. Pour autant, la pratique actuelle fait apparaître d’autres enjeux.

En premier lieu, le choix du témoin est souvent affaire d’affection. « Mes témoins, ce sont des personnes avec qui je pourrais partir sur une île déserte !, s’exclame Jérôme, 46 ans, marié depuis treize ans. Avec eux, je partage un modèle de vie. » Un frère ou une sœur sont souvent dans le lot, pour leur proximité évidente. Les amis, ensuite : à une époque où l’on se marie de plus en plus tard, le réseau d’amitié tient en effet une place essentielle pendant les années de jeunesse, jusqu’à devenir une sorte de « famille de transition ». L’étape du mariage venue, l’occasion est donnée de sceller la fidélité par cette marque de confiance « C’est un engagement réciproque à poursuivre l’amitié, même si le mode est différent », précise un jeune marié.

Un caractère affectif qui rend parfois la sélection laborieuse : comment ne pas vexer l’un ou l’autre de ses proches ? D’où, bien souvent, une certaine profusion de témoins, pas forcément souhaitable : il n’est plus rare qu’ils soient sept ou huit « On observe une vraie inflation de leur nombre, s’irrite un prêtre de paroisse. C’est une source de troubles assez grands lors de la célébration :€“ bruits en tout genre, chassé-croisé des photographes€“, ce qui peut nuire à sa dignité. »

Dans tous les cas, il est important que le « casting » des témoins demeure très libre : nul n’a obligation à choisir untel qui a présenté le conjoint lors d’une soirée, ou encore une telle parce qu’elle se manifeste un peu bruyamment depuis l’annonce des fiançailles « Ma sœur a mal compris que je ne la choisisse pas, raconte Blandine, 24 ans, qui se marie en août prochain. J’ai pris le temps de lui expliquer que j’avais pris mes témoins parmi les personnes qui m’ont le plus accompagnée dans mon histoire avec Jacques, et qui le connaissent vraiment bien. »

Un rôle de soutien et de rappel de l’engagement

Dans l’Église, le témoin fait l’objet d’une attention grandissante, même si, sur le fond, l’extension de son rôle n’a pas d’assise canonique. Représentant de l’assemblée, le témoin est signe que le mariage a une dimension ecclésiale, que ce « don mutuel » est aussi « un cadeau pour l’Église », comme dit le Père Duloisy, curé de paroisse à Paris : on ne se marie pas pour soi. Le témoin,€“ surtout s’il est célibataire,€“ est un bénéficiaire privilégié de cette grâce de l’engagement.

Par ailleurs, à l’heure où tant de familles éclatent, tous les moyens sont bons pour favoriser des mariages solides. Certains prêtres prennent ainsi le temps de rencontrer les témoins lors d’un dîner, ou simplement le matin des noces. D’autres tâchent de les impliquer dans la préparation spirituelle du mariage, comme Dom Louis-Hervé Guigny, de la Communauté Saint-Martin. « Je demande aux témoins d’écrire une lettre où ils expliquent pourquoi ils ont accepté – autrement dit pourquoi ils sont d’accord avec ce mariage. ça les pousse à réfléchir, et ils se sentent plus engagés. » Un témoignage qui peut aussi aider le prêtre dans sa préparation, notamment dans des cas difficiles : le regard de tiers permet d’objectiver une situation et, le cas échéant, d’encourager la rupture des fiançailles.

De son côté, le Père Pierre-Marie Castaignos, serviteur de Jésus et de Marie, déplore la faiblesse habituelle des liens entre les témoins et le prêtre. Avec l’accord des fiancés, il envoie une lettre aux témoins, en reprenant de façon light l’enquête matrimoniale qui a cours dans certains pays, comme l’Argentine : avant une batterie de questions portant sur le regard qu’ils portent sur le couple, le prêtre invite à « prendre la mesure d’une mission pas négligeable » : « Souvent, on en reste à l’affectif, explique-t-il. Or les témoins ont un rôle de soutien et de rappel de l’engagement, tout au long de la vie du couple ».

Une mission qui demande de savoir être franc, dès la période des fiançailles : « Un ami m’avait demandé d’être son témoin, raconte Gilles. Mais je sentais que son couple allait exploser ; je lui ai donc dit mes réticences… On ne peut pas être témoin à n’importe quel prix : cela suppose parfois une prise de risque dans l’amitié ! »

Le témoin peut être confronté à de vrais cas de conscience : « Le couple dont j’avais accepté d’être témoin s’est mis à cohabiter sept mois avant le mariage, relate Matthieu. Déçu, j’ai interrogé la fiancée sur les raisons de ce choix. Cela n’a rien changé, et j’ai malgré tout été témoin. Mais j’ai dit ce que je pensais, et notre relation est plus profonde ».

Après le mariage, certains n’hésitent pas à apporter un regard extérieur sur l’évolution du couple : « Le témoin doit avoir la liberté de dire les choses, sans toutefois s’immiscer dans le couple, explique Guillaume. Des amis mariés avaient tendance à se replier sur eux-mêmes. Je leur en ai parlé. Sur le coup, ils étaient stupéfaits. Un peu plus tard, ils m’ont appelé pour me dire que ça les avait aidés ». Le courage de la vérité n’est-il pas signe d’une amitié authentique ?

Face aux secousses et bourrasques de la vie de couple, le témoin peut se sentir appelé à manifester une présence attentive. « Mes témoins ont été importants dès les fiançailles, raconte de son côté Benoît, marié depuis deux ans. J’ai pu compter sur eux quand la communication avec ma fiancée était difficile. Au mariage, ils ont témoigné que notre amour a été plus fort que cette épreuve. »

Ami privilégié, le témoin est prêt à rendre service en cas de besoin, dans la mesure où la proximité géographique le permet, évidemment : « Quand je sens l’un des couples dont je suis témoin un peu plus fragilisé ou fatigué, je lui propose de garder les enfants pour un week-end. Ils peuvent alors prendre un temps à deux pour des vacances ou une retraite », raconte Hélène, 41 ans, célibataire.

Et quand le couple bat franchement de l’aile, jusqu’à envisager la séparation ? Le témoin est souvent aux premières loges, et c’est parfois une épreuve pour lui : « Je vis cela comme une responsabilité, raconte Marie-Claire, 35 ans, avec un brin de lassitude dans la voix. Quand ça va mal, l’un ou l’autre se confie à moi. Si je ressens souvent une impuissance devant leurs difficultés, je peux prier et simplement être là » Dans ces cas-là, on peut orienter le couple vers des personnes plus compétentes (conseil conjugal), s’il n’en a pas pris l’initiative.

Enfin, au-delà de l’écoute et des conseils, témoins et mariés vivent souvent un compagnonnage au long cours, chacun selon sa disponibilité et son inventivité : les mariés en invitant à dîner leurs témoins, les témoins en souhaitant l’anniversaire de mariage, par exemple. « Le témoin participe aux joies et aux souffrances du couple, résume Guillaume. Il est une sorte de frère spirituel. » Rien d’obligé, évidemment. Mais peut-être des occasions à saisir. Tout ça pour un mot de trois lettres et une petite signature.

Bien choisir ses témoins

- Il faut se sentir libre de toute obligation sociale ou familiale.

- C’est quelqu’un qui vous connaît bien et qui, si possible, connaît bien le conjoint.

- Si vous attendez d’eux un soutien, choisissez des personnes qui sauront vous dire les choses en vérité.

- Même s’il n’y a pas d’obligation à choisir un témoin croyant, choisir au moins une personne qui pourra prier pour votre couple est précieux.

- Préférer une personne mariée plutôt que ses amis célibataires peut être une façon de s’appuyer sur l’expérience d’autrui.

- Dans la mesure où ils ne sont pas tenus à jouer un vrai rôle, il est bon d’échanger avec vos témoins sur ce que cela signifie pour vous, et pour eux, dès les fiançailles.

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